Publié le 24/10/2026 · Mis à jour le 24/10/2026
Synopsis
Depuis onze ans, Agathe Verlinde fait vivre le petit planétarium de Vasconac. Sous le dôme d’un ancien chai, elle connaît chaque bruit du vieux mécanisme qui entraîne les planètes. Mais la commune a décidé de vendre le bâtiment. Pour le cinquantième anniversaire de l’installation, Agathe a obtenu une dernière séance publique, avec l’espoir fragile de montrer ce que le village s’apprête à perdre.
Le mardi précédant cette soirée, une dent de l’engrenage principal se brise. Alors qu’elle cherche une solution, Noé Candeau s’arrête devant le planétarium. Ce réparateur itinérant, venu livrer un automate dans les environs, propose son aide.
Entre les mesures patientes de Noé et l’urgence qui presse Agathe, les premiers échanges sont tendus. Puis viennent les repas partagés, les gestes de travail et une confiance qui commence à se construire. Pourtant, lorsqu’elle l’interroge sur son parcours, Noé se dérobe.
À mesure que les jours passent et que les réparations se compliquent, Agathe doit apprendre à distinguer ce qu’elle peut attendre de lui de ce qu’il n’ose pas lui dire. Réussiront-ils à préparer cette dernière soirée sans laisser leurs silences décider à leur place ?
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Extrait de l'histoire
Le planétarium de Vasconac tenait dans un ancien chai à vin reconverti, à la sortie du bourg, entre la route de Cessenon et les premiers vergers de pommiers. De loin, on ne voyait que son toit en forme de dôme, recouvert de zinc terni, posé comme un chapeau trop grand sur un bâtiment de pierre sèche. De près, on remarquait les fissures dans le crépi, les volets qui avaient perdu une latte sur deux, et la pancarte d'entrée dont la peinture s'écaillait au point qu'on devinait à peine encore le mot municipal, en dessous du mot planétarium.
Agathe Verlinde y travaillait depuis onze ans. Elle en était devenue, sans l'avoir vraiment choisi au départ, la responsable, la médiatrice scientifique, la standardiste quand le téléphone sonnait, la femme de ménage occasionnelle le samedi matin, et depuis le départ à la retraite de Firmin Audouard quatre ans plus tôt, la seule personne encore capable de faire fonctionner le planétaire sans notice.
Elle était arrivée à vingt-quatre ans, fraîchement diplômée d'un master de médiation scientifique qu'elle n'arrivait pas à faire valoir ailleurs que dans ce genre de petite structure communale, trop modeste pour un musée, trop sérieuse pour une simple animation de centre de loisirs. Firmin l'avait formée lui-même, pendant sept ans, à coups de démonstrations répétées et de phrases qu'elle avait fini par retenir par cœur, à force de les entendre. Ne jamais forcer une pièce qui résiste. Toujours écouter le bruit du mécanisme avant de le regarder. Et se souvenir que la mécanique pardonne la lenteur mais jamais l'impatience. Il ne lui avait jamais, en sept ans, laissé toucher seule à l'intérieur du carter principal, estimant que certaines réparations demandaient plus d'années d'oreille qu'elle n'en avait encore. Elle s'était toujours dit qu'elle aurait le temps d'apprendre ça plus tard, avec lui, un jour. Puis il avait pris sa retraite plus vite que prévu, après un problème de santé qu'il minimisait systématiquement, et le jour n'était jamais venu.
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