Publié le 09/09/2026 · Mis à jour le 24/09/2026
Synopsis
Adèle tient une petite librairie d’occasion héritée de son grand-père. Un mardi soir, une cliente entre juste avant la fermeture et demande un exemplaire précis d’un roman épuisé. Adèle la sert sans y prêter attention, jusqu’à ce qu’un habitué lui apprenne que cette femme, Mathilde, est morte trois ans plus tôt dans un accident sur la route qui longe la librairie. Persuadée d’une erreur ou d’une ressemblance, Adèle se met à observer la cliente du mardi de plus près, en cherchant sur les registres de vente, les vieilles photos du quartier et les souvenirs des voisins de quoi expliquer rationnellement ce qu’elle voit. Son enquête la mène vers le grand-père d’Adèle lui-même, qui avait gardé de côté, sans jamais le vendre, l’exemplaire que Mathilde venait réclamer chaque semaine avant sa mort. Adèle comprend que ce livre contenait quelque chose que Mathilde n’a jamais pu récupérer de son vivant, un secret que la famille d’Adèle a longtemps protégé. La dernière scène, un mardi soir, offre à Adèle l’occasion de rendre enfin ce qui devait l’être, sans que le texte ne tranche complètement sur la nature de ce qu’elle a vu.
Ma bibliothèque
Cette histoire en chiffres
- Classement
- Non classée
- Vues · 30 jours
- 0
- Vues · 400 jours
- 0
Classement par affichages sur 30 jours parmi les histoires publiées. Ex æquo possibles ; sans affichage, cette histoire reste non classée.
Affichages de cette page sur les 30 derniers jours, pas lecteurs uniques ni lectures complètes.
Affichages enregistrés sur les 400 derniers jours, uniquement depuis le début du comptage. Ce ne sont pas des lectures complètes.
Extrait de l'histoire
La librairie Vasseur occupait, depuis presque quarante ans, un local étroit coincé entre une boulangerie fermée depuis le printemps et le cabinet d'un kinésithérapeute qui ne recevait que sur rendez-vous. Adèle en avait hérité trois ans plus tôt, à la mort de son grand-père Henri, sans jamais vraiment décider de la garder : elle avait simplement continué à ouvrir la porte chaque matin, comme si s'arrêter revenait à admettre que la boutique, et lui avec elle, avaient fini par disparaître pour de bon.
Elle connaissait chaque grincement du plancher, chaque étagère qui penchait légèrement à gauche, l'odeur particulière du papier vieilli mêlée à celle du café qu'elle laissait toujours infuser trop longtemps sur le petit réchaud du fond. Elle connaissait aussi ses clients, leurs habitudes, leurs silences, au point de pouvoir deviner ce qu'ils venaient chercher rien qu'à la façon dont la sonnette tintait au-dessus de la porte.
La rue elle-même n'avait guère changé depuis l'enfance d'Adèle : les mêmes façades de pierre grise, le même clocher visible depuis la vitrine, la même agitation modeste les jours de marché et le même silence les autres jours. Les habitants s'y croisaient depuis si longtemps que les nouvelles, bonnes ou mauvaises, finissaient toujours par circuler d'une boutique à l'autre avant même d'avoir été annoncées officiellement. C'était ce genre de ville où l'on pouvait encore reconnaître un visage entrevu une seule fois des années plus tôt, et où une disparition, aussi discrète fût-elle, laissait forcément une trace quelque part dans la mémoire collective.
La femme au manteau gris était arrivée pour la première fois un mardi de la fin de l'été, sans qu'Adèle y prête une attention particulière. Elle était revenue le mardi suivant, puis celui d'après, toujours à la même heure, dix minutes avant la fermeture, toujours pour demander le même roman, un titre presque oublié intitulé « La Maison sans clefs », dont Adèle avait fini par garder plusieurs exemplaires en réserve tant la demande semblait inépuisable. Au fil des semaines, ce rituel s'était fondu dans le reste de son quotidien, une curiosité tranquille parmi tant d'autres qu'une libraire finit par ne plus vraiment interroger.
Histoire verrouillée
La suite de cette histoire est réservée aux lecteurs qui l'ont débloquée avec leurs crédits.
Débloquer cette histoire — 2 créditsAvis des lecteurs
Cette histoire n’a pas encore reçu de note.
Histoires du même genre
-

LE LOT QUI NE PART JAMAIS
Saisonnière à la conserverie Le Guen, dans le petit port breton de Port-Kermel, Maud Brizard ne pensait trouver qu’un emploi d’été. Jusqu’au jour où une (…)
48 min de lecture
-

L’ALLÉE DES INNOMMÉS
Pauline Rouvière revient à Fontarèche-sur-Vézère après la mort de son grand-père Gaston, marbrier funéraire, pour trier ses papiers et décider du sort de (…)
44 min de lecture
-

LE DIX-NEUVIÈME SOLSTICE
Inès Domingue, ingénieure du son fraîchement arrivée à Radio Cambrune, une radio associative installée dans une ancienne filature, prend son poste de nuit (…)
35 min de lecture