Accueil > Mystère > LE DIX-NEUVIÈME SOLSTICE

LE DIX-NEUVIÈME SOLSTICE
Mystère

LE DIX-NEUVIÈME SOLSTICE

Par Mikaël Folio

35 min de lecture 2 crédits

Publié le 03/10/2026 · Mis à jour le 03/10/2026

Synopsis

Inès Domingue, ingénieure du son fraîchement arrivée à Radio Cambrune, une radio associative installée dans une ancienne filature, prend son poste de nuit et tombe sur une mention étrange dans le classeur de passation : « Ne pas toucher à l’automate B entre le 20 et le 22 juin. Laisser faire. » Elle apprend bientôt, par l’ancienne speakerine Geneviève, que cette vieille machine coupe chaque année l’antenne pendant deux minutes, la nuit du solstice d’été, pour diffuser en boucle un enregistrement resté non identifié depuis dix-huit ans.

Le mystère prend une urgence particulière quand le directeur Thomas annonce que l’automate doit être démonté le 22 juin, lendemain d’une soirée don cruciale pour l’avenir financier de l’association, à peine un jour après la prochaine diffusion. Inès se lance dans une enquête à contre-courant du scepticisme de Thomas et de la présidente Solange, retrouvant la trace de Fernand Aubriot, ancien directeur technique de la radio et concepteur de la machine, aujourd’hui en maison de retraite. Fernand finit par se souvenir : il avait enregistré, vingt ans plus tôt, un message de réconciliation pour son fils Julien après une dispute qui les avait brouillés, en réglant mal l’automate pour qu’il se répète chaque année plutôt qu’une seule fois.

Inès retrouve Julien, devenu technicien du son à Lille, et organise avec lui une écoute en direct lors de la soirée don, malgré les réticences de la direction inquiète pour l’image de l’événement devant les donateurs. Le soir du solstice, l’automate diffuse une dernière fois le message de Fernand devant le public, et père et fils se parlent au téléphone en direct, amorçant une réconciliation après vingt ans de silence. La machine, son rôle enfin accompli, est débranchée pour de bon et conservée comme pièce d’histoire, tandis qu’Inès, touchée par cette histoire qui résonne avec sa propre relation distante à son père, l’appelle ce soir-là sans raison précise.

Écouter un extrait

Cette histoire en chiffres

Classement
38

Classement par affichages sur 30 jours parmi les histoires publiées. Ex æquo possibles ; sans affichage, cette histoire reste non classée.

Vues · 30 jours
1

Affichages de cette page sur les 30 derniers jours, pas lecteurs uniques ni lectures complètes.

Vues · 400 jours
1

Affichages enregistrés sur les 400 derniers jours, uniquement depuis le début du comptage. Ce ne sont pas des lectures complètes.

Extrait de l'histoire

Inès Domingue poussa la porte vitrée du Hangar un peu avant vingt-deux heures, un mardi de la mi-juin, avec la sensation familière d'entrer dans un bâtiment qui avait connu d'autres vies que la sienne. L'ancienne filature de Cambrune avait été reconvertie vingt ans plus tôt en pôle associatif, et Radio Cambrune en occupait tout le deuxième étage, entre une école de musique qui fermait à vingt heures et un atelier de sérigraphie dont l'odeur d'encre montait parfois jusqu'à la régie par la cage d'escalier. Les machines à tisser avaient disparu depuis longtemps, mais les poutres métalliques d'origine couraient encore au plafond, peintes en un gris industriel que personne n'avait jugé utile de rafraîchir, et les fenêtres à petits carreaux, trop hautes pour qu'on y accroche des rideaux, laissaient entrer la lumière orangée des lampadaires de la rue longtemps après la tombée de la nuit.

Elle prenait son poste de nuit ce soir-là pour la troisième fois seulement, après cinq ans passés dans un studio d'enregistrement lyonnais où elle avait fini par ne plus savoir pour quels artistes, ni pour quel public exactement, elle réglait des niveaux de dix-huit heures à deux heures du matin. Le studio appartenait à un groupe qui en possédait quatre autres dans la région, et les sessions s'y enchaînaient sans qu'on prenne jamais le temps de savoir ce qu'il advenait des morceaux une fois masterisés, distribués, oubliés. Elle avait tenu cinq ans avant de comprendre qu'elle passait ses nuits à polir un son que personne, au bout de la chaîne, n'écoutait vraiment. Cambrune n'était pas un choix de carrière très raisonnable, elle le savait, une radio associative aux moyens serrés, un salaire à peine supérieur au minimum, un poste de nuit qu'aucun de ses anciens collègues lyonnais n'aurait envié. Mais elle y avait retrouvé quelque chose qu'elle n'aurait pas su nommer avec précision avant d'y remettre les pieds : l'impression que le son qui sortait de ces enceintes appartenait encore à quelqu'un, qu'une auditrice de Cambrune, en réglant sa radio à cette fréquence précise, s'attendait à trouver une voix qu'elle connaissait, un morceau qu'elle avait demandé, une émission qu'elle suivait depuis des années.

🔒

Histoire verrouillée

La suite de cette histoire est réservée aux lecteurs qui l'ont débloquée avec leurs crédits.

Débloquer cette histoire — 2 crédits

Avis des lecteurs

Cette histoire n’a pas encore reçu de note.

Histoires du même genre

  • LE LOT QUI NE PART JAMAIS

    LE LOT QUI NE PART JAMAIS

    Saisonnière à la conserverie Le Guen, dans le petit port breton de Port-Kermel, Maud Brizard ne pensait trouver qu’un emploi d’été. Jusqu’au jour où une (…)

    48 min de lecture

  • L'ALLÉE DES INNOMMÉS

    L’ALLÉE DES INNOMMÉS

    Pauline Rouvière revient à Fontarèche-sur-Vézère après la mort de son grand-père Gaston, marbrier funéraire, pour trier ses papiers et décider du sort de (…)

    44 min de lecture

  • LA CHAISE ABSENTE

    LA CHAISE ABSENTE

    Alma Berthier débute comme agent d'accueil et régisseuse des mariages à la mairie de Verlaincourt, sous la tutelle de Marcel Ostier, en poste depuis (…)

    35 min de lecture

Toutes les histoires : Mystère