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Publié le 02/10/2026 · Mis à jour le 26/10/2026
Synopsis
Margaux sait lire un bilan, Tom préfère accorder sa guitare. Depuis vingt-cinq ans, les deux cousins ont surtout appris à ne plus se parler. À la mort de leur grand-tante Henriette, ils héritent pourtant ensemble du Perchoir, un vieux café de village, et d’un souhait difficile à ignorer. Essayer de le faire vivre pendant trois mois avant de décider de son avenir.
Entre une machine à expresso capricieuse, des habitués qui veillent sur leur table de belote et un concurrent flambant neuf de l’autre côté de la place, leur été s’annonce moins reposant que prévu. L’arrivée d’Inès, dix-huit ans et quelques idées bien arrêtées sur les réseaux sociaux, ne laisse guère de place à la routine.
Mais le véritable maître des lieux s’appelle Gustave. Ce perroquet gris du Gabon répète depuis des décennies les phrases entendues au café, avec un sens du moment qui semble relever de la provocation. Certaines font rire les clients. D’autres réveillent des questions que personne ne voulait plus poser.
Tandis qu’une offre de rachat reste sur la table, Margaux et Tom devront apprendre à travailler ensemble, et peut-être à écouter autrement les silences de leur famille.
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Extrait de l'histoire
Le notaire s'appelait maître Aubanel, et il avait cette habitude, que Margaux trouvait insupportable depuis le début de la lecture, de marquer une pause après chaque phrase importante, comme s'il attendait des applaudissements. Il en était au troisième alinéa du testament d'Henriette Foucher, et la pièce sentait la cire à parquet et le café refroidi dans des tasses qu'on n'avait pas pensé à débarrasser avant la réunion.
— « Je lègue le fonds de commerce et les murs du café Le Perchoir, à Bellerive-sur-Odon, à ma petite-nièce Margaux Foucher et à mon petit-neveu Tom Foucher, à parts égales », lut maître Aubanel, avant de s’arrêter, exactement comme Margaux l’avait redouté.
Elle jeta un coup d'œil à Tom, assis de l'autre côté de la table basse, qui n'avait pas levé les yeux de ses mains depuis le début. Ils ne s'étaient pas parlé depuis l'enterrement, trois jours plus tôt, ni vraiment avant cela, d'ailleurs. Vingt-cinq ans sans véritable conversation. Margaux connaissait pourtant le nombre exact, malgré tous ses efforts pour prétendre que la question n’avait plus d’importance.
— Henriette a joint à son testament une note concernant l’avenir du café, poursuivit-il. Elle souhaitait que vous essayiez de tenir ensemble le café pendant trois mois, du premier juin au trente et un août, avant de décider de son avenir. Ce souhait ne vous oblige pas à exploiter le commerce. Si vous préférez vendre, le groupe Norvillier a fait une offre il y a six mois. Il faudra vérifier qu’elle tient toujours, examiner ses conditions et recueillir votre accord à tous les deux. Rien ne se fera automatiquement.
Norvillier. Margaux connaissait ce nom pour l'avoir vu sur des panneaux publicitaires à l'entrée de trois villages voisins, toujours associés à des résidences neuves aux noms optimistes, Le Clos des Vignes ou Les Terrasses du Lac, jamais construites à proximité d'une vigne ni d'un lac.
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